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Rentabilité d'un artisan en micro-entreprise : le calcul complet

Un client accepte votre devis pour la pose d'une salle de bain : 3 000 €. Un beau chèque. Pourtant, une fois les fournitures, le temps passé, les frais et les cotisations déduits, il vous reste environ 100 €. Pas 3 000. Pas 1 500. Cent euros. Voici le calcul complet, poste par poste — et comment reprendre le contrôle sur vos prix.

Le chiffre qui compte : sur une facture de 3 000 €, 100 € de bénéfice = un taux de rentabilité de 3,3 %. Autrement dit : sur ce chantier, chaque jour travaillé a failli ne rien vous rapporter. Ce n'est pas un accident — c'est un calcul qui n'a jamais été fait avant le devis.

La décomposition du chantier à 3 000 €

Prix de vente (devis accepté)3 000 €
Fournitures (sanitaire, carrelage, colle…)− 1 100 €
Main d'œuvre (votre temps, valorisé)− 900 €
Frais généraux (camionnette, assurance, téléphone, essence…)− 200 €
Cotisations sociales− 700 €
Bénéfice+ 100 €

Pourquoi les artisans se font piéger par le "gros devis"

Le piège est psychologique : un devis à 3 000 € ressent comme 3 000 € de revenu. La réalité comptable est tout autre. Trois charges mangent le chèque avant vous :

Cotisations : provisionner au fil du chantier, pas à la fin

Le principe de la micro-entreprise est simple : on cotise sur ce qu'on encaisse, pas sur ce qu'on gagne. Sur ce chantier, environ 700 € de cotisations sont dues dès l'encaissement des 3 000 €. L'erreur classique — garder les 3 000 € sur le compte, se dire « je verrai en janvier » — se paie au moment de la déclaration : l'argent a déjà servi à autre chose. La bonne pratique : mettre de côté le pourcentage de cotisations à chaque encaissement, comme une TVA personnelle. Le chantier paie alors 2 300 € de charges et salaires — et vous savez exactement ce qu'il vous reste.

Le taux horaire réel : l'indicateur qui corrige vos devis

Prenons le chantier tel qu'il s'est vraiment passé : 5 jours de pose, plus 1 jour de devis et d'approvisionnement, plus 3 heures de SAV en fin de mois — soit environ 50 heures au total. Bénéfice divisé par heures réelles : 100 € ÷ 50 h = 2 €/h. Pas votre taux horaire affiché, pas le « 35 €/h » du devis : ce que le chantier vous a réellement payé. C'est ce chiffre qui vous dit si vos prix sont bons, et c'est lui que les devis doivent protéger.

Fixer un devis rentable : la méthode du coût complet

Un devis rentable se construit à l'envers du réflexe habituel. On ne part pas du « prix du marché » pour espérer une marge : on additionne les charges, on ajoute le bénéfice visé, et on obtient le prix plancher en dessous duquel on refuse le chantier :

  1. Fournitures : chiffrées au devis fournisseur, avec 5-10 % de marge d'aléa (les coupes ratées existent) ;
  2. Main d'œuvre : heures estimées × votre taux horaire cible — en comptant les heures invisibles (devis, déplacements, SAV) ;
  3. Frais généraux : un pourcentage de vos frais annuels (assurance, véhicule, téléphone) réparti sur vos chantiers ;
  4. Cotisations : le pourcentage Urssaf appliqué au prix de vente ;
  5. Le reste doit être votre bénéfice — sinon le chantier vous coûte de l'argent.

Sur notre exemple, pour dégager 15 % de bénéfice, le même chantier devait être devisé à environ 3 600 € — ou réalisé avec 400 € de fournitures mieux négociées. Ce sont ces arbitrages, impossibles à faire sans chiffres, qui séparent l'artisan qui travaille de celui qui gagne.

MIC-RENTA fait ce calcul automatiquement sur chaque chantier : fournitures, heures pointées, cotisations à provisionner, taux horaire réel — en temps réel, sans tableur.

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